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26/10/2010

il eût pu être tranché comme une tartine

Vu la faiblesse de mon bras, je n'eusse jamais pu être bourreau. Aucun cou, je ne l'eusse tranché proprement, ni même d'aucune façon. L'arme, dans mes mains, eût buté non seulement sur l'obstacle impérial de l'os, mais encore sur les muscles de la région du cou de ces hommes entrainés à l'effort, à la résistance.

Un jour, cependant, se présenta à mourir un condamné au cou si blanc, si frêle, qu'on se rappela ma candidature au poste de bourreau; on conduisit le condamné près de ma porte et on me l'offrit à tuer.

Comme son cou était oblong et délicat, il eût pu être tranché comme une tartine. Je ne manquais pas de m'en rendre compte aussitôt, c'était vraiment tentant. Toutefois, je refusais poliment, tout en remerciant vivement.

Henri Michaux, Le bourreau, Poésies

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