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03/08/2015

Clarté

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11/07/2015

Comment cadrer?

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07/07/2015

Que compter?

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02/07/2015

Construction

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29/06/2015

Les rouleaux de la mode

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26/06/2015

Marie bis

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23/06/2015

Marie

Marie a été servante chez des Messieurs à particule. Famille à blason et à quartiers. Elle a commencé à dix ans comme souillarde et elle a accompagné fidèlement jusqu'à la fin de la race le dernier, dit Gaston. Elle a été vaguement servante-maitresse alors, oh très peu: Monsieur Gaston n'a jamais été grand abatteur de bois, simple tradition. A cette époque Marie a fait construire, de ses propres sous, la porte cloutée, l'architecture noble, la fenêtre ferrée, le fronton d'acanthe. Mais c'est encore plus beau! La pauvre Marie ne croyait pas travailler dans le sublime. Elle a imaginé la gloire des messieurs à particule (blason et quartiers). Elle a gardé tel quel un petit escalier, oh! mais très rare (elle n'a jamais beaucoup aimé l'escalier d'honneur) et très vieux, éreinté mille et mille fois et, finalement c'est par ce petit escalier qu'on accède à la porte du ciel.

Jean Giono, La Provence perdue

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18/06/2015

Robert

- Un petit coup de Bourgogne pour fêter ça? Je le fais venir. Un Nuits Saint Georges, sur le gibier, il n'y a que ça de vrai, le Bourgogne.

- Merci, non.

Il en reste comme deux ronds de flan. Ce refus c'est pire qu'un crime de lèse-pinard. Ça ressemble à une rébellion. Des souvenirs haineux lui remontent dans la gorge et allument une vilaine lueur dans son œil. Il ne peut pas s'empêcher, ce salopard.

- Remarque avec le mal que ça a fait à ton père, je comprends.

Il fait très chaud. C'est souvent comme ça par ici, au début de l'automne. J'ai roulé comme un con, toutes fenêtres baissées, pendant les dix premiers kilomètres. J'ai même failli me retrouver dans le fossé une fois ou deux. Je ne lui ai pas envoyé son plat de sanglier en travers de la gueule uniquement parce que Christiane avait l'air vraiment navrée. Je suis parti sans même claquer la porte qui était ouverte sur la douceur de l'air.

Dominique Delahaye, à fond de cale

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09/06/2015

Charançon

"J'étais loin d'imaginer que ton métier était si pénible.

C'est ainsi que m'accueillait bien souvent Blanche quand elle me voyait rentrer épuisé par les séances de travaux pratiques que j'animais et auxquelles succédaient trop fréquemment de pénibles discussions avec un Charançon toujours plus borné qui, une fois de plus, me reprochait d'avoir laissé s'exprimer ce qu'il appelait des hypothèses aventureuses. En vain, m'efforçais-je de lui remontrer que la logique du raisonnement conduisait à certaines ouvertures problématiques; à tant d'arguments, il concluait par cette admirable sentence:

- Nous devons avoir l'humilité de ne faire que ce pour quoi nous sommes payés."

Jacques Abeille, La Barbarie

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06/06/2015

Ma grand-mère Autin

Ma grand-mère Autin, soit dit en passant, avait entrepris un temps de m'apprendre à déchiffrer les mots dans un vieil album illustré des aventures de Gepetto, Jimmy Cricket et Pinocchio (Se dice delle bugie, piccolo, il suo naso si allungera!); des mal embouchés fissa avaient mis le holà à ce début d'instruction et m'avaient sans ménagement arraché à sa bienfaisance e à son affection. Par la suite, sitôt passée la saison des culottes courtes et de Gédéon le petit canard, puis celle déjà plus dissipée de Ribouldingue, Croquignol et Filochard, les bons pères qui, je ne sais trop comment, avaient hérité de moi comme d'une mauvaise fortune, ne me laissèrent non plus loisir de me familiariser plus avant avec les études en me flanquant à la porte de leur pensionnat de cambrousse sans autre bagage que mon âge tendre et ma tête de cochon. J'entrai à la Friterie Brunetti vierge devant la vie, même les honneurs du certif m'avaient été épargnés; ce sont les cafés qui m'ont instruits.

Pierre Autin-Grenier, Friterie-Bar Brunetti

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02/06/2015

Marty

Sa respiration est forte et agitée.

- T'es pas obligé de parler, je dis.
- J'ai pas envie que tu sois rétabli, dit-il.
- Quoi?
- J'ai pas envie que tu sois rétabli. Tu comprends? Je veux dire, il y a une partie de moi qui veux que tu prennes cette porte demain, mais il y en a une autre qui veut que tu restes coincé ici avec moi.

Il prend une profonde inspiration.

- Désolé.
- T'excuse pas, je dis. C'est toi qui a proposé cette règle.

La tête à l'envers, les pieds aux murs - Rob Roberge

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29/05/2015

Joseph

Il dormait à plat sur le dos, la couverture et le drap tiré sur lui sans pli; la patronne avait enlevé le traversin et l'oreiller parce qu'il ne s'en servait pas, jamais, il le lui avait dit, il avait pris l'habitude dans les maisons de cure et l'avait gardée. La chambre est presque entièrement remplie par deux lits disposés tête-bêche. Il occupe celui qui fait face à la fenêtre, tout de suite à droite de la porte en entrant; l'autre lit est recouvert d'une couverture rouge et lourde.

Joseph, Marie-Hélène Lafon

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25/05/2015

Thelma

Mais à présent que Thelma a grandi et est devenue une jeune femme, elle souffre d'une phobie très particulière qu'aucun d'entre nous n'est parvenu à comprendre.

La phobie de Thelma est la suivante: elle a une terreur pathologique des portes à tambour.

Je travaille actuellement sur unr théorie selon laquelle cette phobie résulterait d'un "double complexe d’œdipe inversé avec salto arrière". En langage plus simple, il s'agit d'un complexe provoqué soit (1) par une peur anormale de la part de l'enfant de n'éprouver aucune peur anormale parmi les peurs anormales qu'il pourrait entretenir à l'égard d'un de ses parents, ou des deux, soit (2) par une hyperacidité de l'estomac.

Le cerveau à sornettes, traité d'Evitisme - Roger Price

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23/05/2015

Un homme, du seul fait qu'il l'avait proféré, était obligé de croire au plus invraisemblable mensonge

Des citoyens d'une réputation irréprochable déposèrent qu'ils m'avaient vu prendre langue sur le ton le plus familier avec des cavaliers barbares lors de l'ouverture de la citadelle, site qui, selon leurs dires, m'était si bien connu que je m'y déplaçais comme chez moi, de sorte que j'avais naturellement pris la direction des opérations d'évacuation des morts. J'étais donc le seul susceptible d'avoir empoisonné les citernes, car, ainsi que l'exposa longuement l'un des officiers supérieurs présents, il allait de soi et il s'en portait garant, nul militaire n'aurait pu commettre une telle félonie. L'avocat de la défense prit le risque de déplaire en demandant à cet officier s'il était possible qu'un civil pénétrât dans l'enceinte de la citadelle. Il y eut un moment de gêne jusqu'à ce que le grand soldat optât pour un moyen terme: il fallait supposer que quelque jeune homme de troupe ait été leurré par de fallacieux discours au point d'ouvrir la porte à un pékin, se rendant ainsi complice, à son insu, d'un crime monstrueux. Je fus saisi par une pensée qui, naïf que j'étais, ne m'avait jamais effleuré. Un homme, du seul fait qu'il l'avait proféré, était obligé de croire au plus invraisemblable mensonge. Cet officier soutenait l'hypothèse la plus absurde qui puisse se concevoir avec une entière bonne foi.

La Barbarie, Jacques Abeille

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20/05/2015

Porte-monnaie (tout cuir)

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17/05/2015

Tout un foin (et beaucoup de lumière)

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14/05/2015

Passez

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10/05/2015

Bonne impression

Trouvaille du jour, sur recommandation de Jérôme (merci Jérôme), ce blog d'une impressionnante ambition: la reconstitution en 3D de Lyon en 1700. Ci-dessous la porte d'un musée de l'imprimerie, et derrière en un clic, le blog en question.

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04/05/2015

J'ai préparé mes habits

Il n'y avait rien à ajouter. Je suis parti m'enfermer dans ma chambre. Elle m'horripile, maman, quand elle me prend encore pour un enfant.
J'ai préparé mes habits en prévision du lendemain, le costume, la cravate, ces chaussures hideuses, et je me suis couché.Impossible de dormir. Les yeux  ouverts, je luttais contre des idées noires. C'était vrai que je m'étais bêtement mis en avant. Quel besoin avais-je eu de signer c e papier? L'action de masse est une chose, jouer les héros en est une autre.

Comme si rien, Jean-Noël Blanc

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30/04/2015

Le valet

"Aie aie aie! glapit le valet en tapant du poing par terre. Putain! Putain de manoir! Que la peste les emporte, les salauds!"

Les femmes détournèrent le regard. Le spectacle d'une telle souffrance chez un être humain créé à la ressemblance de Dieu était insoutenable. Même le chien se gratta et sortit sous la pluie, sans pour autant éprouver de compassion particulière pour le malheureux: il n'était qu'un animal dépourvu de raison, qui vaquait à ses propres affaires.

"Encore une victime du manoir!" marmonna dans le coin de la salle la grand-mère infirme de la ferme voisine, qui s'était traînée elle aussi jusque-là. En dépit des paroles réconfortantes du fermier, il semblait bien que la mort n'allait pas tarder à arriver. Elle devait déjà être dans l'entrée, en train d'ôter son manteau de corps osseux.

"Eh bien, où est donc ce malade?" demanda justement une voix depuis la porte. Mais non, ce n'était pas la mort, seulement le granger que tout le monde attendait, un vieil homme déjà, mais qui avait toujours bon pied bon œil. Une grande canne à la main, il entra dans la salle et hocha la tête en voyant le valet.

Les groseilles de Novembre, Andrus Kivirahk

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