16/09/2014

Laissez-moi m'expliquer avec le duc ici

                             Dona Sol

Seigneur, ce n'est pas lui! Ne frappez que moi-même!

                             Hernani

Taisez-vous, Dona Sola. Car cette heure est suprême.
Cette heure m'appartient. Je n'ai plus qu'elle. Ainsi
Laissez-moi m'expliquer avec le duc ici.
Duc, crois aux derniers mots de ma bouche; j'en jure,
Je suis coupable, mais sois tranquille, - elle est pure!
C'est là tout. Moi coupable, elle pure; ta foi
Pour elle, un coup d'épée ou de poignard pour moi.
Voilà. -Puis fais jeter le cadavre à la porte
Et laver le plancher, si tu le veux, n'importe!

Hernani, Victor Hugo

 

xIMG_1188 [640x480].JPG

Publié dans Gard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/09/2014

Open the doors there are the people

Death, she must have been your will
A bone beneath the reaper's veil
With your voice my belly sunk
And I began to feel so drunk

Candle, candle, on my clock
Oh Lord, I must have heard you knock me out of bed
As the flames licked my head
And my lungs filled up black in their tiny little shack
It was real and I repent
All those messages you sent, clear as day, but in the night
Oh, I couldn't get it right

Here is a church and here is a steeple
Open the doors there are the people
And all their little hearts at ease
For another week's disease

And eagle, eagle, talon, and scream
I never once left in between
I was on the fence and I never wanted your two cents
Down my throat, in to the pit, with my head upon the spit
Oh Reverend, please, can I chew your ear?
I've become what I most fear
And I know there's no such thing as ghosts
But I have seen the demon host

Timber Timbre, 'Demon Host'

IMG_8481 [640x480].JPG

Publié dans Charente | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/09/2014

Bois encore

IMG_0082 [640x480].JPG

Publié dans Gard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

03/09/2014

Quand ils sont rentrés, ils l'ont trouvé dans un coin, un livre à la main

- Son fils m'a dit, que d'abord, dans la famille, personne n'a rien remarqué. Il était devenu un peu triste et puis, il s'est mis à lire. C'était un soir, la mère et les gosses étaient tous allés au cinéma et quand ils sont rentrés, ils l'ont trouvé dans un coin, un livre à la main. Ernest, dit sa femme, qu'est-ce que tu fais là? Je lis, ma chérie, dit-il tranquillement. Naturellement, ils tous allés lui prendre le livre des mains. Ça s'est produit deux ou trois dois, finalement, ils se sont inquiétés, ils ne le laissaient plus jamais seul. Au début, ça marchait très bien, seulement, ils se sont aperçus qu'il restait très longtemps dans les cabinets, deux, trois heures qu'il restait parfois. C'était difficile de savoir ce qu'il faisait exactement. Qu'est-ce que tu fais, papa? lui demandaient-ils. Rien, silence, pas un bruit.
Finalement, un jour, comme ils ne répondaient pas, ils ont enfoncé la porte et là, il était, un livre à la main. Là-dessus son commerce l'a foutu à la porte, parce qu'il s'était mis à lire dans le bureau. Il a pas pu trouver de travail, on savait qu'il était pas normal et que sa famille le surveillait. Ils laissaient toujours quelqu'un à la maison, pour le surveiller et, quand ils sortaient tous, ils l'attachaient au lit.  Ça a duré comme ça un an, même qu'ils avaient plus un rond et qu'ils ont dû mettre la fille aînée au boulot. Seize ans, qu'elle avait, une petite boulotte. Naturellement, ça a très mal fini. Un soir qu'ils étaient tous allés au cinéma, il s'est détaché, et il est allé prendre la mitraillette du fils, sous l'oreiller, et quand ils sont rentrés, il les a tous descendus, y compris le client de la fille. Après quoi, il a pris un livre et il a lu toute la nuit et le matin, il s'est fait justice.

Le Grand Vestiaire, Romain Gary

xIMG_1978 [640x480].JPG

Publié dans Haute Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

29/08/2014

Il n'y eut jamais de procès

Catherine avait seulement cinq ans quand tout à coup son père fut rejeté hors de l'usine, c'est à dire hors de la vie. C'était en 1945. La guerre s'était passée bien tranquillement pour eux. Mais la Libération amena dans leur maison, un matin, un groupe furibond de maquisards et de poissardes qui tirèrent son père du lit et l'entrainèrent à la gendarmerie. On le menaça d'être fusillé. Il faut seulement battu, mais battu si fort qu'il en sortir paralysé des deux jambes. Il n'y eut jamais de procès tant l'affaire était embrouillée et louche. Mais plus tard, beaucoup plus tard, en vidant la maison de ses parents après leur mort, Catherine acquit la certitude sinon la preuve qu'il avait bel et bien passé toute la guerre à dénoncer des résistants dans la région (la ligne de démarcation passait à cinq kilomètres). Il avait envoyé à la mort un médecin du bourg, le cousin du propriétaire de l'usine et une châtelaine des environs qui passait tous les matins en voiture devant chez eux.

Sur le moment Catherine ne comprit rien. Elle vit seulement l'homme qu'elle embrassait chaque matin ramper devant la porte, couvert de crachats et de sang, et pleurer.

Jean-Christophe Rufin, La Salamandre

IMG_0234 [640x480].JPG

Publié dans Gard | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/08/2014

Double paillasson vers double whisky

xIMG_1003 [640x480].JPG

Publié dans Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/08/2014

Je te fais un dessin, tu vas comprendre, et on en reparle

xIMG_1728 [640x480].JPG

Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

07/08/2014

tu t'en fous de ma guitare et de mes violons ?

xIMG_2345 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

31/07/2014

Où?

xIMG_2413 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

26/07/2014

tu me liras, je te dis

xIMG_9938 [640x480].JPG

Publié dans Belgique (Bruxelles) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/07/2014

Thé à la menthe

xIMG_9886 [640x480].JPG

Publié dans Belgique (Bruxelles) | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

02/07/2014

Prise de hauteur

xIMG_3150 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

29/06/2014

je peux attendre

Midoriko écrit dans petit carnet:

Maman n'a pas la clé.

- Ah oui, c'est vrai... Mais on pourrait lui mettre un message sur la porte.

Je n'ai pas encore trop faim, je peux attendre.

Alors on l'attend sur des charbons ardents.

Elle a peut-être pris le train dans le mauvais sens et s'est retrouvée à perpète. Ça arrive, me montre Midoriko sur son carnet, pendant que nous sommes devant la télé côté à côte histoire de faire quelque chose.

Car nous ne parlons pas, mais nous sentons bien que ce n'est pas un silence normal. Un silence qui fait trop de bruit plutôt, un silence qui chatouille les oreilles, un silence comique, si on veut. Nous nous retournons au moindre petit bruit derrière la porte ou dans l'escalier en nous écriant: "Ah, la voilà!"

Nous sursautons à tout bout de champ. A tout hasard nous avons baissé le volume de la télé. Sans aller jusqu'à la couper, tout de même. On zappe de plus en plus vite, je vérifie toutes les minutes mon portable: rien, pas d'appel reçu, pas de message.

Seins et œufs, Mieko Kawakami

IMG_3041 [640x480].JPG

 

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/06/2014

étranger

Me rendant compte que j'avais tout le temps devant moi, je décidai aussitôt de ne rien faire tout ce temps durant et entrepris de me couper les ongles des doigts de pied. A n'avoir nulle art où aller, pensai-je, autant y aller d'un pied léger. Je franchis le seuil à la façon des insouciants tirant derrière eux la porte du vieux monde pour une vie de bohème.

La ville était verte. Les rues ruisselantes de fraîcheur matinale. Brillaient les vitrines, et les terrasses des cafés étincelaient de mille sourires féminins. On eût dit qu'à chaque carrefour le printemps faisait éclater des salves de jacinthes! Les mains dans les poches, transparent parmi les passants, je déambulai au long des trottoirs tel un voyageur sans valise (parce qu'il l'aurait laissée sur le sable avec la mer et tous les soucis du quotidien), et j'étais soudain cet étranger arrivé le matin même au port pour se lancer à la découverte d'une ville inconnue.

Je ne suis pas un héros / étranger, Pierre-Autin Grenier

xIMG_2123 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/06/2014

Bercé

xIMG_9385 ardeche.JPG

Publié dans Ardèche | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

29/05/2014

Anonyme

IMG_4226.JPGPhoto extraite du livre "Anonymes, images énigmatiques de photographes inconnus, Robert Flynn Johnson, Ed Thames Hudson)

Publié dans Et d'où, d'abord ? | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

28/05/2014

Il faut que ça change

"Maintenant, tout va changer", pensa t-il. Il défit le bouton de son col de chemise, prit son chapeau à la main, se mit à marcher plus vite en esquissant même un pas de danse, et se sentit heureux. Il arriva dans sa rue, fit un petit signe de tête aux enfants, se dirigea vers sa maison, monta l'escalier, prit ses clés dans sa pocher et ouvrit la porte de sa chambre.

Mais dans sa chambre tout était toujours pareil: une table, deux chaises, un lit. Il s'assit, entendit de nouveau le tic-tac, et toute sa joie s'envola, car rien n'avait changé.

Et l'homme fut saisi d'une grande fureur. Il vit, dans la glace, son visage devenir tout rouge et ses yeux se plisser; alors il serra ses poings convulsivement, les leva et les abattit sur la table, une fois, puis une autre, et puis il se mit à tambouriner en criant sans arrêt: "Il faut que ça change! Il faut que ça change!"

Du coup il n'entendait plus le réveil. Mais alors ses mains commencèrent à lui faire mal, la voix lui manqua, il entendit de nouveau le réveil et rien ne changea.

"Toujours la même table, dit l'homme, les mêmes chaises, et le lit, et le portrait. Et la table je l'appelle table, le portrait je l'appelle portrait, le lit se nomme lit et la chaise se nomme chaise. Au fait, pourquoi? En anglais on appelle le lit "bedde", la table "teîbel", le portrait "pictcheur" et la chaise "tchair", et on se comprend. Et les chinois aussi se comprennent."

"Pourquoi le lit ne s'appelle pas portrait?" se dit l'homme, et il sourit, puis il se mit à rire, et il rit, il rit tant et si bien que les voisins tapèrent contre le mur en criant "silence!".

"Maintenant ça change!" s'écria t-il, et désormais il appela le lit "portrait". "Je suis fatigué, je vais aller au portrait", disait-il, et souvent, le matin, il restait longtemps au portrait, se demandant comment il appellerait la chaise, et il nomma la chaise "le réveil".

Peter Bischel, Histoires enfantines

DSCF8102 rhone.JPG

Publié dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

25/05/2014

Dans l'optique de

xIMG_0984 [640x480].JPG

Publié dans Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

15/05/2014

Ancrer-passer

xIMG_2848 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/05/2014

Ombre de lumière

xIMG_3178 [640x480].JPG

Publié dans Sicile | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook