Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/02/2016

avec raison mais qu'y puis-je?

Tu me fais rire, ma pauvre.. Tes déterminations tragiques, cette façon de claquer les portes comme une actrice de tournées de province, on se demande si tu crois vraiment à tes menaces, à tes chantages répugnants, à tes scènes inépuisables et pathétiques, tartinées de larmes, d'adjectifs, de récriminations. Tu mériterais quelqu'un de plus doué que moi pour te donner la réplique, on verrait alors se dresser le couple parfait, la puanteur exquise de l'homme et de la femme qui se déchirent en se regardant dans les yeux pour gagner quelque sursis précaire, pour survivre un moment encore, pour recommencer, pour recommencer et chercher inépuisablement leur vérité de terrain vague et de fond de casserole. Mais tu vois, je choisis le silence, j'allume ma cigarette et je t'écoute parler, je t'écoute te plaindre (avec raison mais qu'y puis-je?) ou, ce qui vaut mieux encore, je reste au bord de l'assoupissement, comme bercé par tes imprécations prévisibles, les yeux mi-clos, je mêle, pour un moment encore, les premières rafales de sommeil à tes effets de manche de chemise de nuit, ridicules sous la lumière du lustre qu'on avait offert pour notre mariage, et je crois que je finis par m'endormir et que j'emporte avec moi, je te l'avoue presque avec amour, la meilleure part de tes mouvements et de tes accusations, de tes éclats de voix qui déforment tes lèvres livides de colère; pour en faire bénéficier mes propres rêves où il n'est jamais question de se noyer, crois-moi.

Fin d'un jeu, Julio Cortázar

xIMG_3664 [640x480].JPG

Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/02/2016

Cela doit maintenant attendre

De grâce, pardonne-moi ces effusions,
mes paroles pourraient bien t'avoir attristé.
J'avais dans l'idée de parler
des réparations à faire à la maison,
ces fissures au-dessus des portes,
les volets pourris côté sud
en bas près du rebord. Le bois
qui noircissait sous le vernis
avant mon départ. Cela doit maintenant attendre
jusqu'au printemps. Je vais bien
sauf cette douleur, si vague
qu'aucun mot ne pourrait l'exprimer.
Ne dis rien à maman. Du reste,
cela ne me tracasse pas.
Je me suis fait un jardin
à mes moments perdus. Une chose modeste
certainement, une fontaine factice provenant
de vieilleries, quelques oiseaux peu fiables.
Quand le vent se met à bruisser, ils s'épanchent
en babillages. Les nuits de clair de lune
ils brillent souvent de leurs chants argentés.

Dimitri Tsaloumas, un chant du soir

x2006-05-0081Vacqueyras.jpg

Publié dans Hérault | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/02/2016

Ce couple

Ce couple, ce maudit couple, est venu s'abriter un soir de pluie dans le temple. Cela arrive souvent et je n'ai pas l'habitude de m'en formaliser car qui sait si deux qui entrent par accident ne recevront pas dans le Lieu Saint le signe dont ils ne se savaient pas en quête? Qui peut juger de ce qui guide les pas des hommes aveugles? J'ai bien vu que ceux-ci n'étaient pas des croyants; ils n'avaient ébauché aucun geste rituel en entrant ni en s'avançant vers le chœur, mais leur expression était assez recueillie et, événement assez rare, ils s'intéressaient à l'aspect de l'édifice. L'homme montrait à sa compagne notre plafond dont la teneur religieuse malheureusement m'a toujours paru douteuse, mais qui est probablement une grande oeuvre d'art. Je les voyais bien puisque je me tenais à la tribune; je venais de quitter l'orgue. Eux ignoraient ma présence car j'étais dans l'ombre au-dessus d'eux et retenu de me manifester par un désir de discrétion dont je me suis repenti toujours. Ils ont fait le tour de la nef à pas lents, parlant à mi-voix, et de temps à autre levant les yeux vers la voûte. La femme, qui me paraissait extrêmement jeune, tenait ses bras repliés et serrés contre elle et parfois frissonnait. On entendait des paquets de pluie crépiter contre les verrières. Un instant ils disparurent à ma vue en s'avançant sous la tribune. Je croyais qu'ils allaient sortir et attendais pour me mettre en mouvement que le panneau de la porte capitonnée résonne en retombant quand de nouveau leurs pas retentirent.

Léo Barthe, Chroniques scandaleuses de Terrèbre

20061025-0004.jpg

 

Publié dans Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

01/02/2016

Porte qui roule (CQFD)

IMG_3932 [640x480].JPG

Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

28/01/2016

Hallebardes tombées en plein soleil

xIMG_3263 [640x480].JPG

Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

25/01/2016

Guetter l'ange (s'il repasse)

IMG_3406 [640x480].JPG

Publié dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

18/01/2016

1, 2, 3

IMG_0245 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/01/2016

Sparadraps dans les jupes

IMG_1178 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

08/01/2016

ça tangue déjà

IMG_1162 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

06/01/2016

Encore une précision peut-être?

xIMG_0964 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

03/01/2016

Que nous annonce t-on?

xIMG_0247 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

01/01/2016

Dégradé de dégradation (pour le meilleur)

xIMG_0679 [640x480].JPG

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

30/12/2015

Or & argent

IMG_5126 (Copier).JPG

Publié dans Aube | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

26/12/2015

These prison walls get closer now

I'm going in I'm going in
I have never been so ugly
I have never been so slow
These prison walls get closer now
The further in I go

Lhasa. I'm going in

IMG_4892 (Copier).JPG

 

Publié dans Aube | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

23/12/2015

Porte à droite

 

 

xIMG_4949 (Copier).JPG

Publié dans Aube | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/12/2015

L'escalade

 

 

IMG_7304 [640x480].JPG

Publié dans Hérault | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/12/2015

Armand

Elle tourna la clef dans la serrure et ouvrit la porte.

Le pistolet était tombé à côté de la sacoche de cuir et un peu de poussière vola de l'habit de cour jauni. Armand était assis dans une attitude méditative, il baissait la tête vers la rose de tulle rouge qu'il tenait encore à la main.

Lady L. Romain Gary

IMG_7221 [640x480].JPG

 

 

 

 

Publié dans Hérault | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

12/12/2015

Se jeter à l'eau

IMG_7134 [640x480].JPG

Publié dans Hérault | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

30/11/2015

- Ah! L'amour!

- Ah! L'amour! s'écria Agilulfe (sa voix eut une montée si brusque que Priscille en fut tout effarouchée. Mais lui, de but en blanc, se jeta dans sa dissertation sur la passion amoureuse. Priscille se sentait brûler d'un tendre feu; appuyée à son bras, elle le poussa vers une pièce où trônait un grand lit à baldaquin). Chez les anciens, l'amour était considéré comme un dieu... Poursuivait Agillulfe. Et patati, et patata...

Priscille referma la porte à double tour; elle vint tout près de lui, courba la tête sur la cuirasse et murmura:

- J'ai un peu froid, le feu est éteint...

Agilulfe enchaîna:

- L'opinion des anciens, sur ce point de savoir s'il vaut mieux faire l'amour dans des pièces froides ou chaudes, est loin d'être unanime. Néanmoins, au jugement de la majorité...

- Oh! rien de ce qui touche à l'amour ne vous échappe! chuchota Priscille.

Le chevalier inexistant, Italo Calvino

x20070806-0014.jpg

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

26/11/2015

un peu de l'air

Le soleil se lève vers 6h15, un peu après moi. Les goélands sont odieux à ce moment-là. Il émerge haut dans le nord-est, au-dessus du continent invisible dans la brume. Il monte à toute vitesse.

l'urgence était de se confectionner du café. La cuisine est sombre, le sol glissant, tout ce qu'on y touche est gras. C'était la prison autrefois. Et la réserve de vivres, toute noire derrière, le cachot. Les réchauds sont énormes, il n' a pas de petites casseroles, j'ai dû tout inventer. Revenu aux remparts avec un bol brûlant entre les mains, j'allais bien.

Froid vif, humide surtout, dans la casemate. Cette nuit, je me suis rhabillé pour pouvoir dormir. Il faut laisser la porte ouverte, pour qu'entre un peu de l'air d'été. L'été, c'est mardi.

Fort-Cigogne, Jean-Pierre Abraham - Le temps qu'il fait éditions

x20070804-0040.jpg

Publié dans Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook