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14/04/2015

Printemps d'une chaise

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30/09/2014

Un petit noir, et puis après, un petit blanc

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03/09/2014

Quand ils sont rentrés, ils l'ont trouvé dans un coin, un livre à la main

- Son fils m'a dit, que d'abord, dans la famille, personne n'a rien remarqué. Il était devenu un peu triste et puis, il s'est mis à lire. C'était un soir, la mère et les gosses étaient tous allés au cinéma et quand ils sont rentrés, ils l'ont trouvé dans un coin, un livre à la main. Ernest, dit sa femme, qu'est-ce que tu fais là? Je lis, ma chérie, dit-il tranquillement. Naturellement, ils tous allés lui prendre le livre des mains. Ça s'est produit deux ou trois dois, finalement, ils se sont inquiétés, ils ne le laissaient plus jamais seul. Au début, ça marchait très bien, seulement, ils se sont aperçus qu'il restait très longtemps dans les cabinets, deux, trois heures qu'il restait parfois. C'était difficile de savoir ce qu'il faisait exactement. Qu'est-ce que tu fais, papa? lui demandaient-ils. Rien, silence, pas un bruit.
Finalement, un jour, comme ils ne répondaient pas, ils ont enfoncé la porte et là, il était, un livre à la main. Là-dessus son commerce l'a foutu à la porte, parce qu'il s'était mis à lire dans le bureau. Il a pas pu trouver de travail, on savait qu'il était pas normal et que sa famille le surveillait. Ils laissaient toujours quelqu'un à la maison, pour le surveiller et, quand ils sortaient tous, ils l'attachaient au lit.  Ça a duré comme ça un an, même qu'ils avaient plus un rond et qu'ils ont dû mettre la fille aînée au boulot. Seize ans, qu'elle avait, une petite boulotte. Naturellement, ça a très mal fini. Un soir qu'ils étaient tous allés au cinéma, il s'est détaché, et il est allé prendre la mitraillette du fils, sous l'oreiller, et quand ils sont rentrés, il les a tous descendus, y compris le client de la fille. Après quoi, il a pris un livre et il a lu toute la nuit et le matin, il s'est fait justice.

Le Grand Vestiaire, Romain Gary

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19/02/2014

Sur-total

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28/12/2013

Prendre le mal par la racine

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03/07/2013

De jour sur fond bleu, les chats sont gris

Que reste t-il à la nuit si ce n'est les larmes pour pleurer?

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02/04/2013

Jouer aux cartes

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22/02/2013

Patience

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15/02/2013

Cloche du laboratoire

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18/10/2012

Ce qui se tient derrière

Lorsqu'elle était toute petite, l'été, Lucie s'approchait prudemment de notre maison. Elle nous regardait lire au soleil. Elle parlait peu, se contentait de nous fixer en souriant, debout dans la lumière. Minuscule et ronde, dans ses vêtements très simples, elle intimidait par sa beauté. Jamais depuis je ne l'ai vue sans ce sourire qui concentrait l'évidence rayonnante de sa personne et, au-delà, les animaux qui passait lentement derrière elle, les cloches annonçant le retour des troupeaux pour la traite du soir, la montagne. Devenue presque une jeune fille, quand la maladie l'a eue dépouillée de ses cheveux, de la couleur radieuse de ses joues, le sourire demeura.

Le mal avait transformé l'enfant blonde et dorée en adolescente blême et chauve comme un mannequin. Il aurait pu tout lui prendre, le sourire lui serait resté. À s'être défait de ce qui paraissait le soutenir, il avait gagné en force, se dépensait avec la même générosité distraite et familière. Il se déployait pour lui-même, pareil à la fixité inaltérable d'un beau jour. À l'annonce de sa mort, j'ai revu tout cela. Toutes les apparitions de la Lucie enfant sur le chemin, tous les jours d'été où ses yeux se fixaient sur nous s'étaient fondus dans ma mémoire en une seule apparition miraculeuse, un unique jour d'été. Lucie nous avait dispensé en une fois toute l'enfance. Nous avons pris conscience, à ce moment de l'annonce de sa mort, de la prégnance de cette image. [...]

Ce que nous ignorions, à la contempler dans ces jours de sa petite enfance, c'est que nos larmes un jour en viendraient. Elles commençaient là. Que les qualités de ce qu'on aime nourrissent en secret les chagrins, on l'ignore presque toujours. On ne veut pas le voir. On le pressent cependant, dans la crainte qui s'attache aux choses vraiment belles, on tourne autour, on se garde d'ouvrir la porte, sachant ce qui se tient derrière, avec sa face atroce. Vivre n'est possible que si la porte demeure fermée.

Pierre Jourde, Pays perdu

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