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22/06/2014

étranger

Me rendant compte que j'avais tout le temps devant moi, je décidai aussitôt de ne rien faire tout ce temps durant et entrepris de me couper les ongles des doigts de pied. A n'avoir nulle art où aller, pensai-je, autant y aller d'un pied léger. Je franchis le seuil à la façon des insouciants tirant derrière eux la porte du vieux monde pour une vie de bohème.

La ville était verte. Les rues ruisselantes de fraîcheur matinale. Brillaient les vitrines, et les terrasses des cafés étincelaient de mille sourires féminins. On eût dit qu'à chaque carrefour le printemps faisait éclater des salves de jacinthes! Les mains dans les poches, transparent parmi les passants, je déambulai au long des trottoirs tel un voyageur sans valise (parce qu'il l'aurait laissée sur le sable avec la mer et tous les soucis du quotidien), et j'étais soudain cet étranger arrivé le matin même au port pour se lancer à la découverte d'une ville inconnue.

Je ne suis pas un héros / étranger, Pierre-Autin Grenier

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