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24/09/2013

J'ouvris, pas rasé, honteux de l'état d'abandon dans lequel j'étais

J'avais retourné tous les instants dans ma tête depuis mon retour d'Al Tafar. Un par un. Puis un jour nouveau arriva, la neige n'étant qu'une curiosité qui le distinguait des autres. Je tendai mes mains par la fenêtre ouverte dès les premiers flocons, et les observai, sans sourciller, se poser et fondre sur ma peau; je contemplais les pierres de la rivière se couvrir d'un léger manteau balnc, et les sycomores et les cornouillers dénudés qui bordaient l'avenue en contrebas. Une voiture apparût, une Mercury, grise, je crois, et se gara. Une homme en sortit. Les petites barrettes sur ses épaules reflétèrent une lumière inconnue lorsqu'il ferma la portière.

Quand j'y repense à présent, je me souviens encore de ses pas, je le vois remonter la rue en boucle, et j'ai l'impression que j'aurai dû demander à la neige de cesser de tomber, qu'elle m'accorde juste un sursis, afin de ne pas avoir à faire face à l'après.Mais, dans mon esprit, les flammes du temps brûlent encore, exactement comme elles se consumaient à l'époque.

Peu après, il frappa à la porte. J'ouvris, pas rasé, honteux de l'état d'abandon dans lequel j'étais. Il fût un temps où j'étais plutôt content de ma capacité à me lâcher, oublier, à attendre... pourquoi? Je ne sais pas.

Yellow birds, Kevin Powers



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