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26/06/2010

Le Temps, ce personnage de fiction

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Difficulté européenne à penser le changement.

Dans le langage et la philosophie européenne, caricaturons: la transition n'existe pas. La pensée européenne de l'histoire met ainsi "préférentiellement" en exergue "l'événement" plutôt que les évolutions: elle pense le point "a", elle pense le point "b", mais elle ne pense pas communément les inflexions, les variations, les glissements, et plus généralement ce que l'auteur appelle : "les transformations silencieuses".

La pensée chinoise unit "a" et "b", les unit aussi au mouvement qui les relie: ils sont co-substantiels. Et il en va de même pour deux événements séparés dans le temps, pour la neige et l'eau, pour l'image que l'on a de soi, un jour jeune et un jour, stupeur: vieux.

Très beau texte, évoluant accessible et en spirale, que Les transformations silencieuses de François Jullien.

Petit extrait, choisi arbitrairement:

"Paradoxe éprouvant du langage: c'est grâce au langage, à travers lui, que l'esprit se développe et que nous pensons; en même temps que penser, c'est toujours, d'une façon ou d'une autre, se retourner contre le langage et lutter contre l'inféodation: faire tous ses efforts pour décoller des partis pris et, se déprenant de ce qu'il nous impose de plus évident (rien de plus suspect que l'évidence en philosophie...), tenter de revenir en amont de ses vieux découpages. Je me suis gardé jusqu'ici d'invoquer "le temps", alors même que je veux penser le changement, parce que je crois que le "temps" est un construction du langage, et plus particulièrement de la langue européenne, qui pour une large part nous abuse et nous fait dévier de la logique des processus. Nous avons, depuis les grecs, emballé sous le terme de "temps", chronos, tout ce que nous ne parvenons plus à justifier à partir de nos distributions et disjonctions notionnelles et le dressons en Cause hégémonique, énigmatique, de nos vies. De là cette question que, à ce point de la réflexion, je ne peux plus ne pas oser: le temps ne serait-il pas ce personnage de fiction dramatique que nous avons inventé pour donner nom et visage à notre impensé et lui faire jouer ce grand rôle explicatif, global s'il en est, dont une attention plus minutieuse portée aux transformations silencieuses nous dispenserait?

J'espère que pour vous, entre deux portes poussées ici et là, il se passe un paquet de (jolies) choses.

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